Communiqué du groupe parlementaire de La France Insoumise Emmanuel Macron vient d’annoncer une « transformation profonde » de l’opération militaire Barkhane au Sahel », qui prendrait fin « en tant qu’opération extérieure » pour devenir une « opération d’appui et de soutien aux armées des pays de la région qui le souhaitent ».

Les précisions promises d’ici la « fin du mois » pourraient logiquement inclure un calendrier de réduction des effectifs de l’armée française au Sahel. Le groupe parlementaire de la France Insoumise ne saurait s’opposer au principe d’une refonte de cette opération. À condition qu’elle s’achemine vers un retrait de l’armée française. 50 soldats français ont déjà péri au Mali depuis 2013, 57 dans l’ensemble du Sahel, des centaines blessés. Des centaines voire des milliers de civils sont morts en marge de combats qui n’ont jamais permis de réduire les milices armées, djihadistes ou simples bandes criminelles organisées. La France a dépensé plus de 5 milliards d’euros en pure perte. Le groupe parlementaire de la France Insoumise s’inquiète du flou des formulations du Président et de la précipitation qui semble le guider. La menace qu’on nous présentait encore récemment comme suprême serait-elle en voie de disparaître ? Le gouvernement entend-il redéployer l’action de la France en direction de l’aide à la reconstruction au Mali d’un système démocratique pouvant s’appuyer sur un État en mesure d’assumer ses fonctions régaliennes ? Ou Emmanuel Macron est-il juste fâché contre une junte malienne putschiste, tout en ayant adoubé en avril le putschiste Mahamat Idriss Déby au Tchad voisin ? Comprenne qui pourra. Ainsi fonctionne notre monarchie républicaine, où l’engagement, le maintien, le retrait de notre armée de théâtres de guerre sont décidés par un homme seul. Le Groupe parlementaire de la France Insoumise réitère donc sa demande d’un débat sur les objectifs précis poursuivis au Mali, les moyens de les atteindre et sur les conditions de retrait de l’armée française. Il réaffirme son attachement à un plan de retrait de notre armée s’appuyant sur un volet politique, économique et social cohérent.